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Publié le par Un habitant de Gouraya

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aissa 23/08/2016 06:15

Guerre d'Algérie, 1954-1962 : retour sur le Double Accrochage de Gouraya-Saadouna une omerta bilatérale historique

Jusqu'à 1956, soit près de deux années après le déclenchement de ce qui va devenir la "Révolution algérienne", la zone côtière allant, approximativement, d'Oued Messelmoun à Béni Houa et son arrière pays montagneux est encore vierge de toute présence rebelle autochtone.

En revanche, des unités des forces coloniales prennent position dans plusieurs villages coloniaux du littoral et dans quelques rares points de l'arrière pays de la même sphère géographique.

De longs convois militaires circulent fréquemment sur la route nationale N° 11, relayant Alger à Ténès. Des avions de guerre, des Morand, des T26, T28 et des navires de guerre, font leur apparition dans les airs et en mer. A n'en point douter, l'empire français ou ce qu'il en restait encore montre ses forces et joue sa dernière carte, la dissuasion.

Le 9 juillet 1956, vers la fin de l'après midi, une dizaine de personnes, toutes natives du douar Aghzou-Yettou, versant Ouest du Oued Kellal, parmi elles deux vétérans de la guerre d'Indochine et un jeune encore sous les drapeaux, dans le cadre du service obligatoire, en permission, avait introduit le premier poste radio à transistors dans le douar, se hissent sur la terrasse de leur maison commune pour jouer aux apprentis astronomes. Pendant qu'ils avaient yeux rivés au ciel pour poursuivre la course de la lune, écoutant Radio Arabe du Caire, vers environ une demi-heure avant le coucher du soleil, un convoi militaire composé de quatre véhicules : un half-track, deux GMC transporteurs de troupes et une Jeep PC., montent la piste du même Oued jusqu'à ce que les gorges d'izérouane lui fassent barrage.

Une section, environ 35 jeunes soldats coloniaux, des métropolitains, mettent pieds à terre et au pas de charge, se mettent à escalader le versant Est de la Vallée, faisant cap sur le douar Saadouna, soit un parcours escarpé d'environ 600 mètres, en slalomant entre des bosquets infranchissables et des clairières semées de cailloux qui roulent sous leurs campons comme des billes. De leur observatoire, les apprentis astronomes suivent leurs progression grâce aux étincellements des parties métalliques de leurs armes au soleil couchant.

Le parcours se trouvent barré par une falaises verticale. Seuls quelques étroits passages, œuvre d'une lente érosion naturelle et de passages de sangliers et de troupeaux de chèvres permettent son franchissement.

Arrivés épuisés sur le plateau de Saadouna, ils sont accueillis par un feu nourri de fusils de chasse chargés de chevrotines ponctués par des tirs d'armes de guerre automatiques et semi-automatiques.

La fusillade dure environ 15 minutes. Elle est suivie par environ 20 minutes d'un silence assourdissant. Puis elle reprend, encore plus intense mais cette fois-ci uniquement l'aide d'armes de guerre.

Pendant toute la nuit du 10 au 11 juillet 1956, la piste de la vallée de Kellal sera livrée à un incessant ballet d'ambulances militaires frappées de la croix rouge, faisant des allers et retours entre les gorges d'Izérouane et les hôpitaux du littoral.

Dès le levé du jour du 11, deux avions, un Morand et un T26 entrent en action. Le premier observe et désigne les endroits suspects et le second pique en mitraillant et se redresse en larguant des bombes incendiaires.

Dès le point du jour de la même date, des jeunes de la vallée Kellal accourent à Gouraya pour y glaner des informations sur l'évènement historique.

En partant d'Oued Kellal, pour atteindre le village colonial, les curieux doivent emprunter une partie de la route nationale N° 11, traverser par son milieu le "Bois-Sacré" (base militaire) du 22ème RI. Au moins 5 d'entre ces curieux, tous de ma tribu, parmi eux mon frère Mohamed, y seront interceptés, embarqués à bord d'un GMC, conduits au cimetière chrétien de Gourara pour y creuser des tombes à la pioche et à la pelle. Ils y ont inhumé deux victimes. Le soir venu, lorsqu'ils ont été libérés, ils y laissent 22 cercueils en bois blanc censés contenir chacun la dépouille d'un soldat africain, qui seront incinérés dans l'enceinte du même cimetière. J'ai vu les deux tombe fraiches et l'endroit de la crémations des cercueils. Il y reste encore des vestiges visibles et vérifiables.

D'intense rumeurs ont couru selon lesquelles les soldats métropolitains tombés à Saadouna, qui avaient de la famille en France, ont été transférées en métropole pour y être inhumés.

Tel est, en résumé, ce que des témoins, des habitants du douar d'Aghzou-Yettou ont vu et entendu et des combattants de l'ALN, qui ont participé à l'accrochage ont rapporté.

Plus tard, j'ai lu ou consulté des centaines de livres, d'articles de journaux... écrits et publiés par des algériens, des français et autres, consacrés aux "Evènements d'Algérie", estampillés historiques, ne cite les noms : de Saadouna, d'Ahmed Noufi, de Si Abdelhak. Pourquoi une telle omerta bilatérale, franco-algérienne et à qui profite-t-elle ?

En 2008, plus d'un demi siècle après les faits, de mémoire, sans aucun document à l'appuie, sous le titre : "Double Accrochage de Saadouna", j'ai rédigé un article consacré à ce sujet et l'ai mis en ligne sur un blog hébergé par le site Nouvelobs.com.

Ils a été lus par des soldats et des sous-officiers du 22ème RI, qui ont participé à la guerre d'Algérie dans le même région. Certains d'entre eux ont réagi avec un mélange de dérision et d'incrédulité à peine voilées mais non dépourvus d'intérêt pour l'histoire.

A l'époque des faits, comme je l'ai précisé dans ma note de 2008, j'avais 10 ans. Comme 100% des enfants, ruraux et montagnards de ma générations, j'étais analphabète. En abordant l'écriture de mon article, j'étais conscient que j'entreprenais un travail ardu et abordais un sujet complexe, qui pouvait être entaché d'erreurs. Devais-je pour autant me faire le complice des partisans de l'omerta ou de tenter, dans un Français de petit zouave, de la fendre ? J'ai préféré la seconde démarche qui ne tend nullement vers l'écriture de l'histoire mais à faire entendre un témoignage, conforme aux faits, qui peut contribuer à l'écriture de l'histoire.

En novembre 2015 et mai 2016, en trois reprises, en compagnie d'une bonne dizaine de témoins directs de l'évènement, j'ai visité en leur compagnie les lieux du double accrochage qui a opposé une Katiba de l'ALN, la "Hamdania", dirigée par Si Abdelhak, non pas à une seule, comme indiqué par erreur dans mon article de 2008, mais à deux sections du 22ème RI.

Il existe plusieurs versions orales sur le même évènement. Celle-ci est une tentative de synthèses. Je reprend donc ici des témoignages oraux des fellahs du lieu de l'accrochage, du maire et d'un gendarme de Gourarya, de Maurice Mouterde, d'un sous-officier du 22ème RI qui a, semble-t-il, participé à l'évènement a posteriori, dans sa phase recherche et secours des victimes de son régiment.

Version des résidents encore vivant en mai 2016 "... Le jour d'Arafat (veille de l'Aïd el Kébir) soit le lundi 9 juillet 1956, une Katiba (section) de l'ALN (armée de libération nationale), dirigée par Si Abdelhak, encercle notre douar et nous convoquent à une réunion improvisée. Après s'être présentés, définis leurs objectifs, le commissaire politique nous a donné trois directives : 1°- continuer à vaquer nous activités ordinaires : moissonnage, battage et vannage..., comme si de rien n'était. 2°- de ne pas quitter notre douar sous aucun prétexte. 3°- de nourrir, chacun selon ses moyens, au moins deux combattants.

Tandis que tout à fait par hasard, Ahmed Noufi, alias Si Abdelhak, le leader militaire des visiteurs, reconnait M. Abdelkader Bouta. Tous deux sportifs de haut niveau qui ont effectué une partie de leur service militaire obligatoire ensemble, à Blida.

Si Abdelhak se retire avec son ancien compagnon d'arme et de terrains de sport pour s'informe auprès lui sur des présences éventuelles d'auxiliaires de la colonisation dans le douar, dont il faux se méfier et sur la ou des pistes carrossables les plus proches de Saadouna.

Il apprend qu'un haut dignitaire de cette colonisation, Belkacem I'dadayen, réside un peu en retrait mais près Saadouna. Et les pistes carrossables les plus proches passent, l'une, la plus proche, par l'Ouest, par la Oued Kellal et la seconde, plus longue, en travaux, par l'Est, Par Aït Ali.

Deux combattants de l'ALN, l'un a la jambe et l'autre le bras sommairement plâtrés à l'aide d'un mélange de farine et de jaune d'œufs, s'appuyant sur leur fusil de chasse déglingués en guise de bâtons, frappent à la porte de la demeure de l'administrateur colonial. Le tiennent en joue avec leur fusil. se présentent à lui comme étant des combattants nationalistes algériens blessés. L'informent que lui et sa famille sont, jusqu'à nouvel ordre, des otages de la révolution algérienne. Ils exigent de lui des aliments pour reprendre des forces et des soins pour soigner leurs blessures et soulager leurs douleurs.

L'hôte s'exécute immédiatement pour la première exigence. Cependant, n'ayant pas de médicaments immédiatement disponibles, il leur propose de l'autoriser à se rendre à Gouraya pour leur en procurer. Son offre est violemment et avec méfiance rejetée par les deux intrus? Le face à face ravisseurs-otages durera quelque 24 longues heures.

Tandis que Si Abdelhak gage que si l'ennemi devait intervenir il viendrait par la piste carrossable la plus proche, par oued Kellal.

Après avoir minutieusement et patiemment exploré le terrain en compagnie de son ancien compagnon d'arme, Si Abdelhak repère les endroits stratégiques, place ses compagnons les plus aguerris, armés de fusils de chasse chargés de chevrotines en première ligne, ceux armés de fusils de guerre en deuxième et lui-même, armé de la "Pièce", d'un fusil mitrailleur, se poste tout en haut, derrière une forteresse, un rocher vertical jailli des entrailles de la terre, qu'il nomme "Le 2ème Aurès", d'où il a une large et imprenable vue sur le future théâtre des opérations et sur ses compagnons à qui il donne pour consigne de n'ouvrir le feu qu'une fois tous les soldats ennemis auront franchi le dernier obstacle, la falaise, par des passages étroits, d'abattre d'abord le porteur et l'opérateur du poste émetteur/récepteur avant de faire feu sur tout ce qui bouge.

Le 10/07/1956, comme tous les mardis, s'était le jour du marché hebdomadaire de Gouraya. Le notable était membre de son conseil municipal. Pour rien au monde, ni lui ni ses administrés ne manqueraient ce marché. Les paysans pour y échanger leurs produits agricoles et artisanaux et l'administrateur pour déposer ses rapports.
Vers le milieu de la matinée, leur absence à la foire hebdomadaire est constatée par M. Viès, par le maire du village colonial qui informe la gendarmerie et l'état major du 22ème RI.

Saadouna, le 10/07/1956, domicile de Belkacem I'dadayen. Suite à un face à face ravisseurs/otages de quelque 24 heures, nerveusement épuisant, la pression grimpe jusqu'à son à son paroxysme. Les geôliers estropiés se tordent de douleur. Le regard absent, les nerfs à fleur de peau, tremblant de tous leurs membres, leurs doigts crispé sur la gâchette de leurs pétoires, celui qui paraissait être le chef s'approche de son orage, lui colle le canon de son fusil sur la tempe exige de lui des soins pour soigner leurs blessures et calmer leurs douleurs. Celui-ci propose à nouveau de l'autorisation de se rendre à Gouraya pour leur en procurer.

Tandis que le sollicité jette un discret coup d'œil sur le cadran de sa montre qui marque 18 heures, environ une heure et demie avant le coucher du soleil : " D'accord. Tu as intérêt à faire vite. Si tu nous joues un mauvais tour, il passe son index dressé sur sa gorge, caricaturant un égorgement, ta famille paiera à ta place le prix de ta trahison", averti-il.

A la hâte, l'administrateur harnache son cheval, l'enfourche et fonce vers Gouraya. Cependant, au lieu de se rendre chez le apothicaire, il se dirige tout droit vers la mairie pour porter son infortune à la connaissance de son premier magistrat.

Notons qu'à l'époque, les violences en Algérie étaient encore qualifiées : "d'Opérations de Rétablissement de l'Ordre." Leur gestion relevait des prérogatives des autorités civiles.

Le maire transmet la mauvaise nouvelle et à la gendarmerie de sa commune et à l'état major du 22ème RI. Celui-ci, sonne le rappel, mobilise deux sections de son régiment, des appelés en baptême du feu qu'il embarque à bord de deux convois distincts, composés chacun de 1 Half-track, de 2 GMC. transporteurs de troupes et de 1 Jeep PC qu'il expédie vers Saadouna, l'un vers l'Ouest, par la vallée de Kellal et l'autre vers l'Est, par Aït Ali.

La section envoyée par Oued Kellal, déposée à l'extrémité de la piste, aux Gorges d'Izérouane, après avoir escaladé un parcours éreintant d'environ 600 mètres, arrive à bout de souffle sur le plateau de Saadouna. Le porteur et l'opérateur de son poste émetteur-récepteur sont abattus les premiers. Leurs compagnons sont pris à partie par un déluge de feu craché par des fusils de chasse chargé de chevrotines. Leurs officiers placés en arrière hurlent à leurs jeunes subordonnés, sans expérience, pris dans la nasse, ne pouvant plus communiquer : "...avancez, n'ayez pas peur, ce ne sont que des fellahs et des bergers armés de fusils de chasse..."

Tandis que ceux qui franchissaient le premier rideau de feu des fusils de chasses sont repris par des fusils de guerre et par le fusil mitrailleur de Si Abdelhak. Le fusillade dure environ 1/4 d'heure. Elle sera suivie par un silence assourdissant.

Après avoir dépouillé leurs victimes de leurs : armes, vêtement, chaussure, poste émetteur/récepteur, la katiba de l'ALN, avec son butin, se fond dans le décor au clair de lune.

Version du maire de Gouraya. Le maire et le gendarme de Gouraya, qui accompagnaient la 2ème section envoyée par la piste d'Aït Ali, arrivée avec un retard d'environ une demi-heure par rapport à sa consœur accrochée, constatent que celle-ci ne pouvait plus communiquer. Il y aurait eu confusion entre elles et elles se seraient, mutuellement et abondamment tirées dessus à l'aide d'armes de guerre automatiques et semi-automatiques. Ils ont également constaté qu'il n'y avait eu aucune victime parmi les assaillants mais seulement trois civils, des fellahs du coins dont Chérifi Ali. Leur commune leur a attribué à chacun le nom d'une école primaire ou d'une rue, parfois les deux.

Version Maurice Mourterde. Maurice Mouterde[1] a fait partie des renforts qui sont allés à la rescousse des sections accrochées. Bien qu'entachées de quelques erreurs, son témoignage demeure recevable, sa topographie du bled exacte.
"Quant à l’Aïd el Kebir, j’ai cantonné avec ma section à Loudalouze du 19 au 28 Juillet et c’est là que nous avons participé à cette fête (l'aïd el Kébir) le 20 Juillet", a-t-il écrit.

Il n'est pas question de remettre en cause son séjours à Loudhalouze pendant la période qu'il a indiquée. Cependant, qu'il ait participé, le 20 juillet 1956 aux festivité de l'Aïd el Kébir cela ne n'indique pas forcément que cette fête ait eu lieu ce jour. Elle pouvait être déférée , pour des raison X ou Y.

Il confirme que le porteur du poste émetteur-récepteur avait été tué. Il a omis d'ajouter que son opérateur aussi. Pour lui, le double accrochage de Saadouna a fait un mort et trois blessés, 2 ou 3 autres qui se seraient :"Repliés" et regagné leur base..."

Sauf erreur de ma part, une section compte quelque 35 éléments. Si l'on en retranche 1 mort, 3 blessés et 3 autres "repliés...", mais où sont donc passés les 28 autres ?

Par ailleurs, comme moi dans ma note de 2008, Mouterde semble ignorer l'existence de la 2ème section accompagnée par le maire de Gouraya et d'un gendarme, arrivée par la piste de Aït Ali. Et aussi, semble-t-il encore oublier de citer les 3 victimes civiles, des fellahs tués par les siens.

Bilan. Selon les habitats de Saadouna : "... Durant toute la nuit du 10 au 11/07 et jusqu'à vers 10 du lendemain, sans interruption, la vallée de Kellal est livrée à un incessant ballet de véhicules militaires transportant des renforts, notamment des tirailleurs africains et à des ambulances. Des soldats secouristes évacuent sur des brancards des blessés du champ de bataille vers la piste d'Oued Kellal où ils sont pris en charge à bord des ambulances qui les dirigent vers les hôpitaux du littoral, notamment vers hôpital Maillot d'Alger.

Des témoins directes du double accrochage, encore vivants en mai 2016, ont été réquisitionnés par l'armée coloniale pour évacuer, toujours vers la piste de la vallée, à dos d'homme, non pas des blessés mais des corps sans vie. Ils évaluent leur nombre dans une fourchette de 50 à 60.

Selon des fossoyeurs malgré eux. Tôt dans la matinée du 11, des jeunes de la vallée de Kellal, appartenant à ma tribu, parmi eux mon frère Mohamed, ont accouru vers Gouraya pour y glaner des informations sur les combats de Saadouna. Pour atteindre le village colonial, en partant de Oued Kella, il doivent emprunter une partie de la route nationale N° 11 qui traverse par son milieu le Bois Sacré, la base du 22ème RI. Ils y seront interceptés, embarqués à bord d'un GMC et conduit sous bonne garde vers le cimetière chrétien du village pour faire office de fossoyeurs. Ils y inhument deux soldats métropolitains. Le soir, quand ils ont été autorisés à regagner leur domicile, ils y ont laissé 22 cercueils en bois blancs, censés contenir chacun la dépouille d'un soldat africains, qui seront incinérés dans l'enceinte du même cimetière. J'ai vu directement et personnellement les 2 tombes et l'endroit de la crémation des 22 cercueils. Il y existe encore des vestiges visible et vérifiables.

Selon le maire de Gouraya. Après avoir constaté sur le terrain l'absence de victimes, mortes ou blessées, parmi les combattants de l'ALN et le nombre inversement proportionné dans les rangs des forces coloniales, le premier magistrat du bled et le gendarme qu'il a accompagné concluent à un tir ami induit par la confusion, par l'incapacité des deux sections appartenant aux mêmes forces à communiquer entre elles.

Version des autorités algériennes. Vers le milieu des années 80, les autorités algériennes ont érigé un monument commémoratif sur le lieu du double accrochage. Celui-ci indique que l'évènement historique a eu lieu le 10 juillet 1956.

A ma connaissance, aucun des quelque 5000 livres écrits et publiés : par des algériens, des français et autres, estampillés historiques, dont j'ai lu ou consulté une partie non négligeable, ne cite les noms : de Saadouna, d'Ahmed Noufi ou de Si Abdelhak. Pourquoi une telle omerta bilatérale et à qui profite-t-elle ?

Cause probables d'une l'omerta, bilatérale. côté français. L'état major du 22ème RI a envoyé 2 sections de ses forces, composées de jeunes appelés, inexpérimentés, sur un terrain hostile, à la tombée de la nuit, escalader un parcours éreintant, hérissé d'obstacles, se faire quasiment massacrer presque à bout portant à l'aide de fusils de chasse chargés de chevrotines.

Arrogant et méprisant, Il n'avait même pas eu à l'idée que l'adversaire pouvait être : intelligent et calculateur. Les deux individus qui ont retenu en otage l'administrateur local étaient des simulateurs. Leurs blessures étaient factices et leur douleur imaginaires, la prise d'otage et la rudesse manifestées une ruse. Les deux ravisseurs n'étaient pas seuls. Ils appartenaient à une katiba d'au moins 51 combattants, faiblement armés mais résolument décidés à se battre jusqu'à ce que mort s'en suive, en faisant payer au prix fort leur peau.

Omerta, algérien. Les dictateurs algériens exercent leur despotisme, leur autoritarisme, leur totalitarisme, leur népotisme..., au nom d'une légitimité révolutionnaire qui leur fait gravement défaut. En effet, la plus part d'entre eux, pour ne pas dire tous, ont combattue leur source de légitimité jusqu'à son triomphe sans eux et parfois contre eux. Ils l'ont infiltrée pour mieux la confisquer à l'heure du coup de tocsin annonciateur de sa 25ème heure.

Et pour se couvrir, ils ont effacé de l'histoire des noms d'authentiques révolutionnaires algériens, notamment ceux qui pouvaient constituer des obstacles à leurs perfides et démesurées ambitions pour leur substituer des héros poste mortem et des martyrs qu'ils ont eux-mêmes assassinés ou livrés à l'adversaire pour les mettre hors d'état de leur nuire.

Ils ont liquidé, physiquement ou politiquement, directement ou livrés à l'ennemi pour s'en charger, la source de la légitimité de leur pouvoir sans partage.

Ils ont relégué Messali al Hadj, l'infatigable, l'inégalable et l'incontestable père du nationalisme algérien au rang de traître. Sur neuf fondateurs du FLN/ALN historique : Mohamed Khider, Krim Belkacem, Mohamed Boudiaf, ont été, physiquement liquidés parfois par cela mêmes qui revendiquent leur héritage historique pour assoir et perpétuer leur pouvoir.

Mustapha Ben Boulaïd, Larbi ben M'Hidi, et bien d'autres militants de premier rang et de la première heure ont été trahis, donnés par leurs compagnons à l'ennemi qui les a lâchement liquidés.

Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ben Bella..., entre autres fondateurs, déclencheurs, et dirigeants de la révolution algérienne au nom de laquelle s'exerce le pouvoir ont été traités comme des pestiférés, réduits au silence, à vivre à cachés, errants, en exile, pendant plus de trois décennies.

Les nouveaux maîtres de l'Algérie et leurs relais médiatiques et autres courtisans, civils et militaires ont : travesti l'histoire, fabriqué héros poste mortem et des martyrs qu'ils ont eux mêmes assassinés, imposé l'omerta pour s'accaparer et conserver le pouvoir au nom d'une légitimité révolutionnaire factice.

Gloire à nos martyrs qui n'ont vu, rien su, rien subi des mépris permanents imposés au peuple algérien par des successeurs des colons blancs à peine déguisés.

[1] http://www.22eme-ri-tenes-1956-1962.com/article-l-accrochage-de-sadouna-du-18-juillet-1956-122241360.html